Corridors logistiquesBrouillon
La nouvelle génération de corridors commerciaux africains
Les actifs sont rarement en cause. Les jonctions entre eux, si.

Les programmes de corridor s’assemblent volontiers comme un portefeuille. Une extension portuaire ici, une réhabilitation ferroviaire là, une plateforme intérieure, un poste frontière. Chacun est évalué sur ses propres mérites et chacun peut fort bien se justifier. Le corridor peut malgré tout rester en deçà de toutes les prévisions faites pour lui.
Un chargeur n’éprouve jamais un actif. Il éprouve un délai, et la possibilité de s’y fier le mois suivant. Les deux se jouent aux jonctions : le transfert entre modes, le passage de relais entre opérateurs, les formalités à une frontière, un terminal qui ferme à dix-huit heures et un train qui arrive à dix-neuf.
Concevoir à partir des jointures
Concevoir à partir des jonctions change la question de l’ordonnancement. Le premier investissement cesse d’être le plus gros et devient celui qui débloque le flux. Souvent c’est une procédure ou un accord, pas un ouvrage, ce qui le rend à la fois bon marché et impopulaire.
- Où le temps se perd-il réellement sur l’ensemble de la chaîne porte-à-porte ?
- Quels segments sont contraints par la capacité, et lesquels par les procédures ?
- Qui répond du corridor dans son ensemble, et avec quelle autorité ?
- Quel volume rend un service ferroviaire viable, et ce volume existe-t-il ?
- Quelles interventions débloquent les autres, et lesquelles peuvent attendre sans dommage ?
Plus de corridors sont freinés par des infrastructures qui ne se coordonnent pas que par des infrastructures manquantes.
La dimension régionale
Pour une économie enclavée, cela cesse d’être une question logistique. Cela détermine si une industrie est viable et ce qu’un ménage paie pour un bien importé. Ce qui aiguise le problème institutionnel, car les corridors traversent des frontières et les organismes qui les gouvernent, presque jamais.
Les corridors qui compteront dans la décennie qui vient ne seront probablement pas ceux aux programmes d’investissement les plus lourds. Ce seront ceux où quelqu’un de crédible tient la chaîne entière, l’ordonnance honnêtement, et accepte de réparer les jonctions avant d’ajouter une capacité dont personne ne peut encore se servir.

